En hommage à ma soeur cadette décédée   Englishversion

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Janie Moreau est née le 6 avril 1978. Une mort prématurée mit fin à sa courte vie le 31 juillet 2002, dans un accident tragique de camion lourd sur la grande route de « Renous-Plaster Rock ».

Elle laissa dans le deuil ses parents, Jacques et Huguette Moreau ainsi que deux sœurs, Mylène de Moncton et Émilie de Frédéricton et un frère Jean-Marc d'Edmundston.

Au moment de l'accident, elle était étudiante à l'Université de Moncton, majeure en administration, et débutait également une carrière chez Rogers Cable de Moncton, N.-B.

Le 11 avril 2002, à l'hôpital régional Georges-L.-Dumont, Janie donna naissance à son fils unique, Alexandre Moreau. Au moment du décès, il n'avait que trois mois.

Janie, blonde aux yeux pers, était une enfant tranquille aimant à s'amuser seule. Je la revois lorsque maman faisait la routine domestique, elle jouait à « cache-cache » dans son parc.

Sa meilleure amie était sa sœur cadette de 13 mois, Émilie, avec qui elle a vécu bien des expériences de vie ! Moi, j'étais son idole. Imaginez ! Sept ans de plus qu'elle. Janie se faisait un plaisir de me questionner, aimait porter mes vêtements ainsi que m'accompagner lorsque je sortais. Très souvent le soir, elle et Émilie venaient me demander à dormir avec moi. Si vous pensez que le lit jumeau n'était pas serré et davantage encore lorsque notre chat Kiki, se mettait de la partie ! !

Lorsque j'ai pris ma résidence à Moncton, Janie venait chaque année passer sa semaine de relâche de mars avec nous. Cette semaine lui était réservée. Mon mari et moi planifiions toujours quelques activités spéciales pour nous trois. Une année, nous étions allés jouer aux quilles. Nous prenions plaisir à la taquiner en lui donnant un sobriquet « Jane the pain ». Mon mari l'avait inscrite ainsi dans l'ordinateur plutôt que son nom; alors, à chaque abat ou réserve qu'elle faisait, le tableau d'affiche clignotait « Jane the pain » à la vue de tous et elle s'en est juste aperçue après un bon moment. Elle aimait beaucoup la lutte. C'est avec Chris, mon mari, qu'elle regardait « The Rock ». Ils se taquinaient bien gros tout dépendant qui gagnait ou qui perdait.

Janie était belle, très douce, heureuse, vaillante et une femme forte... Je dis une femme forte car j'ai eu le privilège d'être avec elle lorsqu'elle a donné naissance à Alexandre. Quel cadeau de la vie pour moi de l’accompagner durant « son travail » ! Je lui tenais la main et jamais elle ne s'est plainte.

J'étais bien fière d'elle ce jour-là et je me sentais au septième ciel devant cet énorme cadeau de la vie, de l'amour, d'être capable de partager cela avec elle.

« Merci, Seigneur, de m'avoir permis de l’accompagner. »

Après avoir accouché d'Alexandre, elle voulait avoir d'autres enfants. Elle connaissait un amour que rien ni personne ne pouvait lui enlever. C'était une gloire pour elle d'être mère.

Il y a quatre ans, elle est venue demeurer à Moncton pour faire ses études et ne voulait pas retourner tant elle aimait Moncton. C'était devenu son chez-soi. Ses parents la manquaient beaucoup. Elle était à demi temps au travail et à demi temps aux études jusqu'à récemment lorsqu'elle est devenue employée à temps plein avec la compagnie Rogers Cable. Sa dernière année fut remplie d'amour, de travail qui la rendait tellement heureuse et pleine d'espoir pour l'avenir.

Janie cimentait l'unité familiale et, à cause de cela, nous la manquons encore davantage. Elle communiquait avec chaque membre de la famille toutes les fois qu'une occasion se présentait. La famille était de première importance pour elle. Janie aimait aussi les sorties. Elle prenait la route avec mes parents qui font beaucoup de camping à Shédiac et Cap-Pelé. Elle passait tout le temps possible avec chacun de nous. .

Lors de notre « party » du Jour de l'An 2000-2001, nous étions réunis les quatre enfants et nos ami(e)s proches (pas de parents). De belles photos furent prises de mon frère et des trois filles, des souvenirs que nous chérirons toujours.

Mes ami(e)s sont devenu(e)s ses ami(e)s; elle était étonnante. N'ayant pas d'auto, très souvent elle embarquait avec nous pour aller visiter. Même Frank, l'ami d'Émilie, venait la chercher d'Oromocto pour la conduire à Edmundston.

Elle s'est acheté une voiture après la naissance d'Alexandre afin de s'assurer que tous les membres de la famille puissent le rencontrer et passer du temps avec lui. Elle était tellement heureuse lorsque papa et maman gâtaient le petit ! Elle faisait du 4-roues (voiture tout terrain) avec mon frère et fréquentait les clubs avec Émilie.

Janie aimait faire de l'écoute et quoi qu’elle vécût personnellement, elle avait toujours le temps pour nous écouter. Elle demandait rarement de l'aide et surtout ne se plaignait jamais. Très autonome, je dirais même que ma sœur était indépendante. La vie la traitait bien.

Elle avait une belle simplicité, était spontanée. Nous prenions plaisir à la taquiner et on l’appelait « tree hugger ». Elle portait peu de maquillage et ne se teignait pas les cheveux. Lorsque Émilie et moi sommes allées se faire tatouer, elle nous accompagna et refusa catégoriquement de se faire imprimer sur la peau avec de l’encre indélébile.

Elle aurait pu passer sa vie à étudier car elle projetait de terminer ses études même après être devenue mère. Elle n'a pas eu la chance de graduer de l'université de Moncton; c'est dommage, car elle aurait été si fière et j'aurais tellement joui de la voir.

Il y a un an maintenant que Janie est partie et il n'y a pas une journée que je ne pense pas à elle. Elle me manque... son beau sourire contagieux, nos longs échanges, et ses grands yeux lorsqu'on lui annonçait une nouvelle, qu'elle soit bonne ou mauvaise.

Elle était aimée de bien des gens et nombreuses sont les personnes dont la vie a été touchée par leur contact avec Janie. Nous en avons eu des signes tangibles lorsque des groupes d'amis, des coéquipiers de travail de Moncton, sont venus lui rendre un dernier hommage au salon funéraire et aux obsèques qui eurent lieu à Edmundston, N.-B.

Vingt-quatre ans, c’était encore trop jeune pour mourir; par contre, dans la fleur de l'âge, elle avait quand même vécu une vie pleine et heureuse.

Chère Janie, tu occuperas toujours une place préférentielle dans mon cœur.

Adieu.

                                                            Mylène

                                                            xoxoxo